[1, 2, 3 ou 4 accords] Épisode 2 : Quel second accord choisir ?

[1, 2, 3 ou 4 accords] Épisode 2 : Quel second accord choisir ?

Comment faire une comptine avec seulement deux accords ? Et surtout, quels accords choisir ?

À l’épisode précédent nous avons vu la difficulté de faire une chanson avec un seul accord.

Dans cet épisode, je vous propose de découvrir les comptines et chansons qui n’utilisent que deux accords, et quels accords privilégier si l’on doit s’en contenter de deux (spoiler : la photo de l’article donne un indice…).

Si vous voulez tout savoir sur les accords, lisez au préalable l’épisode 0 de cette série.

Le Sol, le second accord par excellence (en Do majeur)

Si l’on part du principe que le premier accord choisi est la tonique du morceau, alors le second accord de choix est le degré V, aussi appelé l’accord de dominante. En effet, les tensions / résolutions entre les degrés I et V sont un des fondements du système tonal. L’accord de dominante est celui qui créé la plus forte tension et donc celui qui appelle le plus un retour à la tonique.

Lorsque l’on revient sur la tonique, on réalise une cadence parfaite : la conclusion « parfaite » d’une phrase musicale.

Si on repart encore du Do majeur (les touches blanches du piano) en degré I, alors degré V est le Sol majeur (comptez 5 à partir du Do : Do, Ré, Mi, Fa et Sol).

Pourquoi cet accord demande-t-il à revenir sur la tonique ?

Je ne vais pas rentrer dans tous les détails, mais s’il y a une chose à retenir c’est la présence du Si dans l’accord de Sol (Sol, Si et Ré).

Le Si est la dernière note de la gamme de Do majeur, séparée seulement d’1/2 ton du Do d’après. On appelle cela la « sensible ». En anglais on parle de « leading tone », ce qui exprime bien l’idée que cette note veut nous emmener vers la tonique pour se résoudre. Cela explique en partie pourquoi l’accord de Sol veut nous ramener vers le Do.

Et en mode mineur ?

Si l’on se place dans la tonalité de La mineur (toujours les touches blanches du piano), le cinquième degré est alors le Mi mineur. Mais le Mi mineur ne fonctionne pas aussi bien que son pendant du mode majeur : il n’a pas la fonction d’accord de dominant.

En effet, le Mi mineur est constitué des notes Mi, Sol et Si. Or, contrairement au cas précédent, le Sol n’est pas la sensible (ou « leading tone ») du La, car ils sont séparés non pas d’1/2 ton mais d’un ton. La tension est donc moindre, et la résolution moins forte.

C’est pourquoi en mode mineur, on joue fréquemment le degré V majeur (au lieu de mineur), en particulier dans le cas où il est suivi par la tonique. Cela permet de retrouver cette tension / résolution qui fonctionne si bien en mode majeur.

Dans notre exemple de la tonalité de La mineur, on joue alors le Mi majeur. On a remplacé le Sol par le Sol#, qui est bien la sensible (ou « leading tone ») du La, et demande donc à retourner vers la tonique.

Dans l’exemple sonore ci-dessous, vous pourrez comparer trois cas, tous avec la tonique en Do : la cadence parfaite en mode majeur, puis le mode mineur dans lequel le degré v mineur ne créé pas autant de tension, et enfin le mode mineur avec le degré V joué majeur pour recréer la tension / résolution propre au mode majeur.

Les comptines constituées des accords I et V

Les comptines exploitent en général les principes les plus simples et familiers de la musique tonale, pour qu’elles soient agréables à l’oreille et faciles à retenir.

C’est pourquoi beaucoup de comptines sont simplement basées sur les accords I et V (Do majeur et Sol majeur dans notre exemple).

Je vous propose de nous intéresser à trois cas de figure.

À noter : les comptines connaissent de nombreuses variations, et l’on trouve fréquemment des versions qui enrichissent l’harmonie en ajoutant d’autres accords. Cela permet d’apporter un peu plus de couleurs et de sortir du schéma très basique de ces deux accords. Dans cet article, je fais référence aux versions les plus simples.

1 - Le cas le plus simple : I – I – V – I

Le cas le plus simple est de répéter pour chaque phrase la progression I – I – V – I. On a majoritairement le degré I, la tonique ou « home chord », pour bien établir la tonalité du morceau, et on termine chaque phrase par une cadence parfaite.

Souvent le motif est constitué de deux phrases, la première créant une variation de mélodie sur le premier V, et la seconde utilisant la cadence parfaite pour conclure le motif.

Je vous propose quelques exemples dans la vidéo ci-dessous, pour bien comprendre cette construction très simple mais particulièrement efficace.

2 - Les comptines principalement sur le I, avec le V pour les conclusions

Ces comptines sont proches du cas précédent. Elles sont basées principalement le degré I, et utilisent le degré V uniquement pour apporter des conclusions aux phrases. Les enchainements sont cependant moins réguliers que dans le cas précédent.

3 - Les comptines qui alternent régulièrement I et V

Dans les deux cas précédents, le degré V n’était utilisé que pour apporter une conclusion aux phrases.

Dans ces exemples, l’accompagnement alterne régulièrement entre les degrés I et V, de manière relativement équilibrée. On retrouve néanmoins presque à chaque fois une cadence parfaite (V – I) pour conclure les séquences.

Avec ce que l’on a vu (et entendu) avant, essayez maintenant de ressentir les passages où l’on passe à l’accord de degré V. Essayez de faire abstraction de la mélodie et d’écouter l’harmonie générale.

Et des comptines à deux accords autres que I et V, c’est possible ?

Bien sûr, tout est possible en musique.

C’est néanmoins beaucoup moins courant, et je n’en connais que deux exemples.

Ces deux exemples alternent les degrés vi et V (La mineur et Sol majeur pour Jean Petit Qui Danse).

Regardons de plus près ce degré vi. En tonalité de Do majeur, c’est le La mineur. Il est constitué des notes La, Do et Mi. Il partage donc deux notes avec l’accord de tonique (degré I) Do majeur (Do, Mi et Sol) : le Do et le Mi.

C’est pourquoi l’accord de degré vi joue également un rôle de tonique, et au final ces deux exemples sont finalement assez proches des cas précédents (alternances des degrés I et V).

Et en dehors des comptines ?

Il existe un certain nombre d’exemples de chansons célèbres sur deux accords uniquement.

Je vous propose de les découvrir dans cette excellente vidéo de David Bennett Piano, qui liste les chansons et explique également les accords utilisés, avec quelques notions de solfège comme nous l’avons vu plus haut.

Elle est en anglais, mais même sans être anglophone, il y a suffisamment d’informations affichées pour arriver (plus ou moins) à suivre.

Et si vous comprenez bien l’anglais, je vous recommande non seulement cette vidéo, mais également sa chaîne Youtube, qui vous expliquera très clairement de nombreuses notions de solfège grâce à des exemples concrets de chansons célèbres.

À vous de jouer !

Comme vous le voyez, composer un accompagnement sur deux accords n’est pas très compliqué. La recette qui fonctionne le mieux est de choisir un accord de tonique, et d’y ajouter le degré V.

Si vous connaissez au moins ces deux accords sur un instrument, lancez-vous et utilisez-les pour jouer ou composer une chanson !

 

La suite au prochain épisode, avec les trois accords qui ont fait des milliers de hits !

izikub : la boîte à musique des petits créatifs !

izikub est un jeu d’éveil musical qui permet à l’enfant d’expérimenter facilement différentes combinaisons d’1, 2, 3 ou 4 accords, pour lui permettre de créer très facilement ses propres musiques.

Crédits

Extraits utilisés dans la vidéo « Comptines à deux accords : I – I – V – I » :

  • Savez-Vous Planter Les Choux ? – Extrait de l’album Chansons Et Comptines De Petit Ours Brun – Bayard Jeunesse
  • Pomme De Rainette Et Pomme D’api – Extrait de la vidéo de Comptines et chansons
  • Mary Had A Little Lamb – Extrait de l’album Comptines anglaises – Flammarion jeunesse
  • The Wheels On The Bus – Extrait de l’album Comptines anglaises – Flammarion jeunesse
  • Petit Escargot – Extrait de la vidéo de HeyKids